23 septembre 2008
Naryn... une petite bourgade perdue dans la montagne de laquelle nous avons espere passe le fameux col du Torugart. Apres une bonne nuit de sommeil dans une guesthouse ou le language des signes
fut de rigueur, nous avons cherche les dernieres nouvelles sur l ouverture du col. Il faut savoir que le col du Torugart est l un des poste-frontiere terrestre les plus difficiles a franchir pour
les touristes. De plus, les Chinois considerent ce col comme etant reserve au trafic local. Malheureusement, les mauvaises nouvelles continuent. Le col est apparemment toujours ferme. C est le
cas depuis les JO de Beijing. Le col ferme le week-end, quand il y a trop de neige et durant tous les jours feries et autres grands evenements...
Des lors, plus qu une solution: retourner sur Bishkek et soit voler sur la
Chine, soit essayer de franchir un autre col, l Irkeshtam, depuis Osh. Nous avons decide d opter pour Osh et avons entame nos recherches. Au moment de reserver nos vols sur Osh, notre contact
nous a appris que le Torugart venait d ouvrir! Que d emotion! Nous avons alors prepare notre itineraire en deux temps trois mouvements pour le lendemain, mardi 23 septembre. Le depart a ete fixe
a 6h du matin. Nous n allions donc pas passer par les mines de la Moria mais bien par le col! Le baton de Gandalf ne serait donc pas necessaire...
6h precises, notre periple s est poursuivi vers Tash Rabat, un caravanserail splendide perdu dans les montagnes. Notre chauffeur, un Kirghiz tres sympa mais ne parlant pas du
tout anglais nous a conduit plusieurs heures durant sur une route effroyable, poussiereuse et envahie de poids-lourds a destination du Torugart. Notre petite Audi de plus de 300,000 km au
compteur a bien tenu le coup jusqu au moment fatitique de la panne... Crevaison! Heureusement, notre chauffeur, prevoyant, avait 2 pneus de secours. Ouf! Apres avoir bouffe la poussiere des
camions, nous sommes repartis de plus belle. Check-point kirghiz, route de plus en plus cahotique, nombreux camions en panne, cheval malchanceux, ce col se merite! Nous avons bien
cru ne jamais arrive au poste-frontiere kirghiz.
C est alors qu a notre vue s est offerte une file d attente de plus de 1 km de camions! Nous avons du emprunter les bas-cotes de la route pour les passer et se rendre au controle douanier.
Les kirghiz, tres sympas, ne nous ont pas cause de probleme. Notre chauffeur, un vieux de la vieille les connaissait tous. Et hop, en route pour le no man's land, infranchissable a pied. Nous
avons alors atteint le sommet du col, domine par une tour de controle chinoise munie de cameras. La, quelques 4x4 attendaient leurs clients venus de Chine. Nous etions evidemment les seuls
touristes a passer du Kirghistan vers la Chine... et apres plus de deux heures et demie d attente, toujours rien! Un dernier bus a depose une dizaine de touristes et... miracle, le chauffeur du
bus nous a fait signe! Un bus entier rien que pour nous! Nous avons alors pu franchir les barrieres et passer du cote chinois. Mais l aventure ne s arretait pas la...
Descente vers le poste frontiere avance chinois: tout comme du cote kirghiz, une horde de camions nous precedait.
Une seule solution, les passer tous car ils ne passeraient jamais la frontiere ce jour-la de toute maniere. Seulement voila, passer par les bas-cotes avec un bus, c etait pas pareil! Coups de
klaxon, manoeuvres desesperees, le poste n a pas ete facile a atteindre. Et la, et bien mes amis, la fouille totale! Ouverture de tous les sacs, check de tous les contenus, fouille de chaque
recoin de nos backpacks. Les soldats chinois ont controle avant tout les livres (evitez les livres avec cartes ou les frontieres actuelles de la Chine ne seraient dument representees) et
evidemment les appareils numeriques... Evitez absolument de prendre des photos des postes-frontieres! Ca rigole pas! Evidemment, bibi, il avait pris quelques photos du col (dont celle ci-dessus)
et des tours de controls. Mais bibi, il a reflechi et a positionne le visionnage photos plusieurs centaines de shots en arriere et en plus, j avais sorti mon livre de chinois bien en
evidence pour tromper l ennemi :-)
Bref, passage reussi, un bon quart d heure pour ranger nos affaires et depart pour le "vrai" poste d immigration, a une soixantaine de kilometres plus loin. Poste-frontiere ultra moderne,
douaniers super sympathiques, bref, une formalite. Rare en Chine!
Au final, une aventure extraordinaire mais semee d embuches. Si vous n aimez pas les surprises, la poussiere en plat de resistance, les fouilles completes, le stress, les poids-lourds et les
soldats chinois, alors ne passez pas le col du Torugart. Au contraire, si vous etes flexibles, aventuriers et un peu temeraires, alors allez-y, vous en sortirez plein de souvenirs (bons et
mauvais)!